Paluku impose les produits « made in Congo » sur le marché international
Paluku impose les produits « made in Congo » sur le marché international
04/09/2026
Kinshasa renforce son offensive commerciale. Lors de l’exercice de redevabilité du gouvernement Suminwa II sur la télévision publique, le mercredi 2 septembre, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a présenté les principales mesures destinées à protéger la production locale et à ouvrir de nouveaux débouchés aux produits congolais.
Son offensive repose sur deux priorités : défendre les entreprises nationales sur le marché intérieur et faciliter l’accès des produits congolais aux marchés étrangers. Le gouvernement mise notamment sur la protection de certaines productions locales, la simplification des échanges et la diversification des partenaires commerciaux.
Près de 17 produits fabriqués en RDC bénéficient déjà de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le ciment, les carreaux et faïences, les câbles électriques ainsi que le charbon destiné au secteur minier figurent parmi les produits concernés. Selon l’ex-gouverneur du Nord-Kivu, ces mesures doivent soutenir les entreprises locales, préserver les emplois et réduire les importations.
La production de farine de maïs figure également parmi les priorités. Une mission conjointe des ministères du Commerce extérieur et de l’Économie nationale a été menée dans plusieurs provinces pour évaluer les mécanismes de protection des minoteries locales. L’objectif est de renforcer l’offre nationale et de limiter la dépendance aux produits importés.
L’État congolais mise aussi sur la facilitation des échanges. La ratification de l’accord sur la facilitation des échanges de l’OMC figure parmi les principales réformes citées par le ministre. Les instruments de ratification ont été déposés à Genève après l’adoption du texte par le gouvernement, son approbation par le Parlement et sa promulgation par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
L’offensive gagne les marchés internationaux –
Sur le marché extérieur, Kinshasa multiplie les portes d’entrée pour les produits congolais. La réadmission de la RDC à l’AGOA compte parmi les avancées mises en avant par Paluku. Ce régime commercial américain permet aux produits congolais éligibles de bénéficier d’un accès préférentiel au marché américain.
Selon les chiffres communiqués par le ministre Paluku, les exportations congolaises vers les Etats-Unis sont passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026. Cette progression illustre, selon lui, le potentiel des débouchés américains pour les opérateurs économiques congolais.
Les Émirats arabes unis constituent une autre cible de cette offensive. Le ministre a annoncé la signature d’un accord de partenariat économique global donnant, selon ses déclarations, un accès au marché émirati à près de 6 000 produits congolais. Un accord commercial conclu avec le Royaume-Uni doit également offrir un accès préférentiel aux produits de la RDC.
L’exécutif Suminwa pousse en parallèle les filières agricoles destinées à l’exportation. Le cacao, le soja et le piment paraissent parmi les produits identifiés comme présentant un potentiel important sur les marchés internationaux. Le ministère encourage les producteurs congolais à privilégier les activités susceptibles de générer davantage de valeur ajoutée.
Cette stratégie se joue aussi sur les frontières africaines. Le Régime commercial simplifié (RECOS) permet aux petits commerçants transfrontaliers dont les marchandises ne dépassent pas 500 dollars de bénéficier d’une exonération des droits de douane dans les échanges concernés. Le mécanisme est déjà opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda, tandis que son extension à la Zambie est en cours.
Autres fronts de la bataille commerciale –
À Kasumbalesa dans le Haut-Katanga, le membre du gouvernement annonce la suppression progressive des pratiques frauduleuses désignées sous les appellations « Bilanga » et « Bambaro ». Le gouvernement veut ainsi réduire les pertes de recettes publiques et sécuriser les opérations commerciales à l’une des principales frontières de la RDC.
Sur le marché intérieur, le petit commerce est désormais réservé aux Congolais. Le décret signé fin mars 2026 distingue ces activités de celles nécessitant des investissements importants, notamment les supermarchés, les hypermarchés, l’hôtellerie et la vente de véhicules neufs. Le 30 septembre 2026 a été fixé comme échéance pour l’application stricte de cette réforme.
La RDC poursuit également son intégration commerciale africaine avec la ZLECAf. L’exécutif prévoit une réduction annuelle de 10 % des droits de douane, jusqu’à la suppression progressive des barrières tarifaires prévue à l’horizon 2035. Kinshasa négocie en outre l’accueil d’un système africain de paiement permettant de faciliter les transactions en monnaies nationales.
Pour accompagner cette offensive, le membre du gouvernement mise sur l’information des producteurs et des opérateurs économiques. Des matinées pédagogiques sont organisées avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC), tandis que les mercuriales des prix internationaux sont régulièrement publiées. La modernisation de l’Office congolais de contrôle (OCC), avec de nouveaux laboratoires à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa, doit renforcer le contrôle de la qualité.
La prochaine étape sera numérique. L’OCC prévoit le lancement d’un système national de QR Code permettant aux consommateurs de vérifier, avec leur téléphone, si un produit a été contrôlé et certifié. Pour la RDC, la bataille commerciale ne se limite donc plus à ouvrir des marchés : elle consiste aussi à garantir des produits compétitifs, contrôlés et capables de gagner la confiance des acheteurs.
https://ouragan.cd/2026/09/paluku-impose-les-produits-made-in-congo-sur-le-marche-international