Axe Abidjan-Berlin : Plus de 950 milliards de FCFA d'échanges et une envie de passer à l'industrie
Axe Abidjan-Berlin : Plus de 950 milliards de FCFA d'échanges et une envie de passer à l'industrie
10/09/2026
En 2025, les échanges commerciaux entre la Côte d'Ivoire et l'Allemagne ont atteint 950 milliards de FCFA. La balance est favorable à Abidjan avec plus de 670 milliards d'exportations contre 280 milliards d'importations. La Côte d'Ivoire vend principalement des matières premières brutes et achète des biens manufacturés.
Le Forum économique d'Abidjan a appelé à passer d'un commerce de matières premières à un partenariat industriel. Les secteurs visés sont l'agro-industrie, les infrastructures, l'énergie, les technologies et la logistique. 950 milliards de FCFA d'échanges commerciaux entre la Côte d'Ivoire et l'Allemagne en 2025. Comment transformer cet élan commercial en véritable partenariat industriel ? C'est tout l'enjeu du Forum économique Côte d'Ivoire-Allemagne, qui s'est tenu à Abidjan.
La balance commerciale qui penche nettement du côté ivoirien
Les échanges entre les deux pays ont atteint 950 milliards de FCFA l'an dernier, soit environ 1,68 milliard de dollars. Un montant considérable, mais qui cache une réalité contrastée. La balance commerciale est largement favorable à Abidjan. Les exportations ivoiriennes vers le marché allemand ont représenté près de 670 milliards de FCFA, contre 280 milliards de FCFA d'importations. Que vend la Côte d'Ivoire à l'Allemagne ? Du cacao, du caoutchouc, des noix de cajou, des mangues. Des produits bruts, ou peu transformés. Dans l'autre sens, le pays achète des machines, des équipements, des véhicules, des produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que d'autres biens manufacturés. Selon le schéma classique, on exporte la matière première, on importe le produit fini. Et c'est précisément ce que les autorités ivoiriennes veulent changer.
« Passer d'un commerce de matières premières à un partenariat industriel »
Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Faman Touré, n'a pas mâché ses mots. « Ce constat nous impose un défi commun. Celui de passer d'un commerce de matières premières brutes à un partenariat industriel axé sur la transformation locale, le transfert de compétences et la diversification technologique », a-t-il déclaré devant un parterre d'opérateurs économiques. Il ne suffit plus de vendre du cacao brut. Il faut le transformer sur place, créer de la valeur ajoutée, retenir une partie de la richesse qui échappe aujourd'hui au pays. Ambition louable qui devra faire face au manque d'infrastructures industrielles, à la faiblesse du tissu de PME locales et à la concurrence des géants asiatiques.
Berlin appelé à investir davantage
L'ambassadeur de Côte d'Ivoire en Allemagne, Abdallah Azize Diabaté, a lancé un appel du pied aux investisseurs allemands. Il souhaite une présence accrue dans le pays, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée. Il a aussi insisté sur l'apport attendu en matière de technologies et de compétences. Car le transfert de savoir-faire est sans doute l'enjeu le plus crucial de ce partenariat. Sans techniciens formés, sans ingénieurs locaux, sans capacité d'innovation, la transformation restera un vœu pieux.
Côté allemand, Lukas Schneider, représentant l'ambassadeur Matthias Veltin, a mis l'accent sur le rapprochement des PME des deux pays. Une approche pragmatique : ce ne sont pas les grands groupes qui feront vivre la transformation locale, mais bien les petites et moyennes entreprises, capables de s'adapter rapidement et de créer des emplois. Il a également évoqué la circulation du savoir-faire technique, un point sensible dans les négociations Nord-Sud.
Quels secteurs pour demain ?
Plusieurs domaines ont été identifiés comme pouvant accueillir de nouveaux projets communs. L'agro-industrie arrive en tête, évidemment. Mais aussi l'industrie manufacturière, les infrastructures, l'énergie, l'eau et l'assainissement, les technologies, la logistique et les services. Autant de chantiers qui pourraient, à terme, modifier la structure des échanges entre les deux pays.
L'enjeu est de compléter une relation commerciale déjà importante par davantage de projets industriels réalisés en Côte d'Ivoire. Notamment dans la transformation des productions aujourd'hui exportées avec une valeur ajoutée limitée. Le cacao, par exemple, représente une manne encore largement sous-exploitée. Le pays est le premier producteur mondial de fèves, mais ne transforme qu'une fraction infime de sa production. Idem pour le caoutchouc ou la noix de cajou.