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Echanges agroalimentaires entre le Ghana et l’Union européenne : ce qu’il faut savoir

Echanges agroalimentaires entre le Ghana et l’Union européenne : ce qu’il faut savoir

05/10/2026

(Agence Ecofin) - Le Ghana figure parmi les rares pays africains à afficher un excédent commercial dans les produits agroalimentaires, à l’instar de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire ou du Kenya. La 2e économie d’Afrique de l’Ouest cherche à consolider ses relations commerciales dans ce secteur, avec l’Union européenne.

Accra accueillera les 28 et 29 octobre prochains des entreprises ghanéennes et européennes du secteur agroalimentaire à l’occasion de l’EU-Ghana Agribusiness Exhibition & Forum 2026. Organisé sous le thème « Where Europe Meets Ghana », l’événement vise à favoriser les échanges commerciaux, les partenariats et les opportunités d’investissement entre les deux marchés.

Cette rencontre se profile alors que l’Union européenne constitue déjà un partenaire commercial important du pays ouest-africain dans le secteur agroalimentaire. En 2025, les échanges se sont caractérisés par une forte progression des exportations ghanéennes vers le Vieux continent.

Le cacao domine les exportations ghanéennes

Selon la Commission européenne, les exportations de produits agricoles et alimentaires du Ghana vers l’UE ont atteint 2,91 milliards d’euros (environ 3,277 milliards USD) en 2025, contre 1,73 milliard d’euros en 2024, soit une hausse de 68,7 %. Cette progression est toutefois largement concentrée sur les matières premières.

Le cacao occupe une place particulièrement importante dans cette relation commerciale. Les exportations de cacao et de préparations à base de cacao ont représenté à elles seules environ 2,63 milliards d’euros, soit plus de 90 % des exportations agroalimentaires ghanéennes vers l’UE en 2025. Les fruits à coque et les noix, les huiles et graisses végétales ainsi que les légumes arrivent loin derrière.

L’UE exporte davantage de produits animaux vers le Ghana

Dans le sens inverse, les exportations agroalimentaires de l’UE vers le Ghana ont atteint 775 millions d’euros en 2025, contre 684 millions d’euros en 2024. Elles restent ainsi nettement inférieures aux exportations ghanéennes vers le marché européen.

Sur la période 2021-2025, les expéditions européennes ont évolué de manière irrégulière : elles sont passées de 706 millions d’euros en 2021 à 662 millions d’euros en 2022, puis à 572 millions d’euros en 2023, avant de remonter à 684 millions d’euros en 2024 et à 775 millions d’euros en 2025.

En 2025, les produits d’origine animale ont constitué le premier poste des exportations européennes vers le Ghana, avec 337 millions d’euros, soit 43,5 % du total. La volaille et les œufs représentent 185 millions d’euros, devant les produits laitiers (80 millions d’euros) ainsi que le bœuf et le veau (45 millions d’euros). Les produits végétaux et les cultures arables ont représenté 182 millions d’euros, tandis que les boissons, vins et préparations alimentaires ont atteint 163 millions d’euros.

De nouvelles exigences européennes à intégrer

Cette dynamique commerciale intervient toutefois dans un environnement réglementaire européen en évolution. Pour les exportateurs ghanéens, l’un des principaux changements concerne le règlement européen sur la déforestation (EUDR), particulièrement important pour le cacao, mais aussi le café, le caoutchouc et l’huile de palme. Son application débutera le 30 décembre 2026 pour les opérateurs de grande et moyenne taille, puis le 30 juin 2027 pour la plupart des microentreprises et petites entreprises.

D’autres règles européennes sont également appelées à modifier les conditions dans lesquelles les produits sont commercialisés sur le marché européen. Le règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), applicable depuis août 2026, impose progressivement de nouvelles exigences en matière de recyclabilité, de contenu recyclé, de réduction des emballages et de réemploi.

À partir du 14 décembre 2027, le règlement européen sur le travail forcé interdira, pour sa part, la mise sur le marché de l’UE de produits fabriqués avec du travail forcé. Le dispositif couvre tous les produits, y compris les produits agricoles, et prévoit des enquêtes pouvant conduire à l’interdiction de commercialisation des produits concernés.

Pour les entreprises ghanéennes, le renforcement des échanges avec l’UE passe donc aussi par leur capacité à intégrer ces nouvelles exigences, alors que le marché européen constitue déjà un débouché majeur pour leurs produits agroalimentaires.

https://www.agenceecofin.com/actualites-agro/0410-142107-echanges-agroalimentaires-entre-le-ghana-et-l-union-europeenne-ce-qu-il-faut-savoir