"Un marché à construire" : visualisez ce que représente l'Inde dans les échanges commerciaux de la France à l'étranger
"Un marché à construire" : visualisez ce que représente l'Inde dans les échanges commerciaux de la France à l'étranger
30/01/2026
L'accord conclu entre l'Inde et l'Union européenne va faire chuter les droits de douane sur des marchandises industrielles et agricoles. Certains secteurs français pourraient en profiter.
Un nouvel accord commercial, mais beaucoup moins polémique que celui signé avec les pays membres du Mercosur. L'Inde et l'Union européenne (UE) ont annoncé, mardi 27 janvier, la signature d'un accord de libre-échange. "Nous avons conclu l'accord de tous les accords", s'est réjouie Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Elle s'est félicitée de la création d'une "zone de libre-échange de 2 milliards de personnes", soit "un tiers du commerce mondial", a renchéri son homologue du Conseil européen, Antonio Costa. Dans les cartons depuis 2007, l'accord prévoirait la réduction ou l'élimination de "plus de 90% des droits de douane" des biens exportés par l'UE vers l'Inde, selon la Commission européenne.
Au cours des 13 derniers mois, selon les données des douanes françaises(Nouvelle fenêtre), la balance commerciale entre la France et l'Inde était déficitaire pour l'Hexagone. Autrement dit, la France a davantage importé de produits indiens, surtout des produits textiles, qu'exporté ses propres marchandises. "La relation demeure asymétrique et attirer davantage d’investisseurs indiens est un enjeu prioritaire pour la France", se fixe ainsi pour objectif la direction générale du Trésor (ministère de l'Economie).
Le marché indien était jusqu'à maintenant plutôt dissuasif pour les producteurs français, en raison des barrières tarifaires importantes érigées par le gouvernement indien pour protéger l'économie du pays. En 2024, l'Inde a été le 13e pays vers lequel la France a exporté le plus de marchandises, derrière le trio de tête formé par l'Allemagne, l'Italie et les Etats-Unis, selon le ministère des Affaires étrangères.
Avec le nouvel accord de libre-échange signé par l'UE, le marché indien devrait s'ouvrir davantage à certaines marchandises françaises. Filière clé pour la France, les vins et spiritueux vont bénéficier d'une baisse des droits de douane imposés par l'Inde. Actuellement à 150%, ils vont chuter pour s'établir entre 20 et 40%. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a salué "une avancée considérable".
Une "logique de diversification à poursuivre"
Cependant, le secteur viticole français est encore peu présent sur le marché indien. Selon les douanes françaises, les boissons, qui incluent les vins et spiritueux, n'arrivent qu'à la 30e place des biens les plus exportés vers l'Inde au cours des 13 derniers mois. "C'est un marché qu'il va falloir construire", reconnaît Gabriel Picard, président de la FEVS. Loin devant l'Inde, les Etats-Unis demeurent la première destination à l'export pour les vins et spiritueux français. L'accord entre l'UE et l'Inde est "important dans la logique de diversification que nous devons poursuivre", souligne Gabriel Picard, alors que les relations commerciales avec les Etats-Unis se dégradent. Depuis août, le vin et les alcools sont taxés à 15% outre-Atlantique. Le 20 janvier, le président américain, Donald Trump, a menacé d'imposer de nouveaux droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français, en réponse au refus de son homologue Emmanuel Macron de rejoindre son "Conseil de paix".
Autre secteur clé pour la France : l'aéronautique, qui pourrait bénéficier d'un abaissement des droits de douane indiens. Ceux-ci devraient être ramenés à 0%, contre 11% actuellement. Cette industrie représente près de 40% des ventes françaises vers l'Inde. Entre 2023 et 2024, les exportations de la France vers le pays le plus peuplé du monde ont augmenté de 7%, une hausse portée par "la dynamique des exportations du secteur aéronautique, tirée par la livraison de plusieurs Airbus A350 à Air India", selon le ministère des Affaires étrangères.
L'accord entre l'Inde et l'UE, qui a suscité bien moins d'opposition que celui signé avec les pays du Mercosur, doit être soumis prochainement à la validation du vote des parlementaires européens.