Importation des matières premières : l’Etat met de l’ordre
Importation des matières premières : l’Etat met de l’ordre
17/12/2025
L’Algérie vient de lancer une plateforme numérique dédiée à la gestion et au suivi des programmes prévisionnels d’importation des matières premières pour le premier semestre de l’année 2026.
C’est le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations qui en a fait l’annonce hier dans un communiqué en affirmant que « cette initiative marque une étape importante dans la modernisation du commerce extérieur et le renforcement de la gouvernance à travers la numérisation des procédures ».
La plateforme, a expliqué le texte, a pour objectif d’assurer « un suivi rigoureux des opérations d’importation des matières premières, en garantissant davantage de transparence, de rapidité de traitement et de fiabilité des données relatives aux besoins prévisionnels des entreprises économiques actives dans le secteur de la production ». Cela dans le but, ajoute le texte, « d’orienter les importations vers les besoins réels de l’appareil national de production et de renforcer la compétitivité de l’économie nationale ».
Kamel Rezig, ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, a souligné que le lancement de cette interface digitale s’inscrit dans la modernisation de la gestion du commerce extérieur et à l’instauration d’une administration numérique performante pour les opérateurs économiques. Il a, d’ailleurs, annoncé le lancement prochain de deux autres plateformes numériques, l’une dédiée au suivi des opérations d’importation de services et l’autre aux ventes en l’état, dans le cadre de la mise en place d’un système numérique intégré couvrant l’ensemble des modes du commerce extérieur.
Le lancement de cette solution électronique pour l’importation des matières premières intervient dans un contexte marqué par les instructions du président de la République visant à garantir l’approvisionnement des entreprises en matières premières. Lors de sa rencontre avec les opérateurs économiques algériens ayant participé à la Foire du commerce intra-africain (IATF 2025), le chef de l’État avait, on s’en souvient, tenu à rassurer les chefs d’entreprises qui redoutaient d’éventuels blocages ou lenteurs dans l’importation des intrants nécessaires au fonctionnement de leurs usines : « Vos matières premières sont la priorité des priorités », avait-il affirmé. Avant d’ajouter : «Je ne veux qu’aucune usine ne baisse son chiffre d’affaires parce qu’on ne l’a pas laissé importer de la matière première. Si vous devez en importer deux fois plus, faites-le ! ».
Le président a réitéré ces orientations lors d’une réunion du Conseil des ministres, le 21 octobre 2024. A cette occasion, en ordonnant de ne pas interdire les opérations d’importation des matières premières utilisées dans la production et les industries vitales. Selon le communiqué du Conseil des ministres, seules les autres opérations d’importation demeurent soumises à une autorisation préalable.
Tebboune avait rappelé que l’Algérie n’a jamais interdit et n’interdira pas l’importation, soulignant que les mesures de régulation visent uniquement à promouvoir la production nationale et à préserver les réserves financières du pays, dans un souci de stabilité et de renforcement de l’économie nationale.